Ce qu’il faut savoir sur la mesure de terre par le Consuel
- La norme NF C 15-100, amendement A5 homologué le 27 mai 2015, fixe le seuil de résistance de terre attendu par le Consuel.
- L’attestation de conformité couvre 6 ans et peut remplacer le diagnostic électricité en cas de vente du logement.
- Le décret n° 2024-1122 du 4 décembre 2024 encadre les attestations de conformité des installations raccordées au réseau public.
- Le contrôle des installations électriques intérieures existe depuis le décret n°72-1120 du 14 décembre 1972.
- Un disjoncteur différentiel domestique courant a une sensibilité de 30 mA, ce qui fixe la résistance de terre maximale tolérée.
5 faits vérifiés4 sourcesmis à jour le 9 septembre 2026
Résistance de terre
La valeur mesurée entre le piquet et la terre profonde, exprimée en ohms.
Continuité
Le lien ininterrompu entre chaque masse métallique et le tableau électrique.
Différentiel
Le disjoncteur qui coupe le courant si un défaut d’isolement dépasse le seuil.
Attestation Consuel
Le document qui autorise la mise sous tension par le distributeur d’électricité.
Une résistance de terre supérieure à 1 666 ohms interdit déjà le passage pour un différentiel de 30 mA, bien avant tout autre contrôle du logement. C’est souvent là que se joue le passage ou le refus du Consuel. Je vous propose de comprendre ce que l’inspecteur mesure réellement, avec quelle méthode, et quelle valeur votre installation doit atteindre pour être validée.
Quelle valeur de terre le Consuel exige-t-il ?
Le seuil que vous devez viser dépend d’un calcul simple, fixé par la norme NF C 15-100, amendement A5 homologué le 27 mai 2015. La règle retient une tension limite de sécurité de 50 volts pour les locaux secs. Il suffit de diviser cette valeur par la sensibilité du différentiel installé chez vous pour obtenir la résistance de terre maximale tolérée.
Pour un différentiel de 30 mA, le calcul donne 1 666 ohms. Ce chiffre fixe un plafond théorique. Dans les faits, je recommande de viser une valeur bien plus basse, autour de 100 ohms, pour garder une marge de sécurité réelle.
L’inspecteur ne mesure pas au multimètre mais au telluromètre, un appareil qui injecte un courant test entre un piquet planté à distance et votre prise de terre. La méthode des 62 % consiste à placer une seconde sonde à 62 % de la distance entre le piquet de mesure et l’électrode de terre, pour obtenir une lecture fiable.
Voici comment la sensibilité du différentiel fait varier le seuil admis :
| Sensibilité du différentiel | Résistance de terre maximale admise |
|---|---|
| 30 mA (habitat courant) | 1 666 ohms |
| 100 mA | 500 ohms |
| 300 mA | 166 ohms |
| 500 mA (usage professionnel) | 100 ohms |
⚠️ Un multimètre standard ne remplace jamais le telluromètre utilisé par le Consuel : la méthode diffère et l’écart de mesure peut dépasser 30 %.

Comment l’inspecteur vérifie-t-il la continuité de la terre ?
Une bonne valeur de résistance ne suffit pas si le fil qui la relie au tableau est coupé quelque part. L’inspecteur contrôle donc, en plus de la valeur, la continuité de la terre : chaque masse métallique de votre logement, radiateur, baignoire, huisserie en aluminium, doit conserver une liaison ininterrompue avec le conducteur de terre.
Ce conducteur, généralement en cuivre nu de 25 mm², part du piquet planté en pleine terre et rejoint la borne principale de terre du tableau. Une rupture, même partielle, invalide tout le circuit de protection.
Avant l’inspection, vous pouvez déjà évaluer une résistance au multimètre, avec la méthode que j’ai détaillée dans un autre article, pour repérer une anomalie grossière sur vos circuits. Ce test donne seulement une indication : seul le telluromètre fournit la valeur officielle retenue par le Consuel.
Pourquoi le tableau électrique fait-il partie du contrôle ?
Le Consuel ne s’arrête pas à la prise de terre. Il vérifie aussi que le tableau électrique répond à des règles précises, parce qu’un défaut d’isolement ne sert à rien si le courant ne coupe pas au bon endroit.
L’inspecteur regarde en particulier :
- le calibre du disjoncteur de branchement, généralement entre 15/45 A et 30/60 A selon la puissance souscrite ;
- la présence d’un disjoncteur différentiel en tête de chaque groupe de circuits ;
- le fait que chaque câble électrique rejoigne un disjoncteur qui lui est propre, sans dérivation sauvage ;
- la liaison équipotentielle principale, qui relie entre elles toutes les canalisations métalliques du logement ;
- l’étiquetage clair de chaque circuit sur la porte du tableau.
Si vous devez remplacer ou allonger une ligne avant la visite, mieux vaut le faire proprement : j’ai déjà expliqué comment rallonger un câble électrique en sécurité, une étape que beaucoup bâclent avant un passage Consuel.
Quelles exigences pour la salle de bain et le différentiel ?
Les volumes de sécurité de la salle de bain
La salle de bain concentre presque tous les refus liés à la mise à la terre. La norme découpe la pièce en volumes 0, 1 et 2 autour de la douche ou de la baignoire, chacun avec un degré de protection minimal contre l’eau.
En volume 1, le matériel électrique doit afficher un indice IPX4 au minimum. En volume 0, directement dans le bac, seul du très basse tension protégée est toléré. L’inspecteur croise ces exigences avec la mise à la terre de tout élément métallique accessible, robinetterie comprise.

Le rôle du différentiel dans la protection des personnes
Le différentiel de 30 mA que je mentionnais plus haut protège les personnes contre les contacts indirects, quand un défaut d’isolement met une masse métallique sous tension. Il coupe le courant avant que le corps humain ne subisse un choc dangereux, à condition que la résistance de terre ne dépasse pas le seuil calculé.
C’est l’association des deux qui compte pour vous : une bonne valeur de terre sans différentiel fonctionnel ne protège personne, et l’inverse non plus.

Que faire si le Consuel refuse l’attestation ?
Un refus n’est jamais définitif. Le décret n° 2024-1122 du 4 décembre 2024 a actualisé le régime des attestations de conformité pour les installations raccordées au réseau public de distribution, en confirmant qu’elles doivent être visées par un organisme agréé avant toute mise sous tension. Ce cadre prolonge un principe posé bien plus tôt, avec le décret n°72-1120 du 14 décembre 1972 sur le contrôle des installations électriques intérieures.
Concrètement, votre électricien reçoit la liste précise des points bloquants, corrige, puis sollicite une nouvelle visite. Autant le dire : la reprise coûte moins cher qu’une remise à niveau complète après coup.
Une fois obtenue, gardez cette attestation précieusement : elle couvre 6 ans et remplace le diagnostic électricité si vous vendez le logement dans ce délai.
Où en êtes-vous avant la visite du Consuel ?
Choisissez la situation qui correspond le mieux à votre installation.
Commencez par une mesure au multimètre pour repérer une anomalie grossière, puis faites confirmer la valeur exacte par votre électricien au telluromètre avant de solliciter la visite. Une résistance très supérieure à 100 ohms mérite d’être corrigée avant tout passage.
Comparez votre valeur à la sensibilité du différentiel installé chez vous grâce au tableau ci-dessus. Si le doute persiste, demandez à votre électricien de contrôler aussi la continuité entre chaque masse métallique et le tableau : une bonne valeur ne suffit pas si le fil est coupé en chemin.
Reprenez la liste des points bloquants remise par l’inspecteur, corrigez chaque poste avec votre électricien, puis sollicitez une nouvelle visite. Le décret n° 2024-1122 encadre ce circuit d’attestation : rien ne vous empêche de repasser autant de fois que nécessaire.
FAQ sur la mesure de terre Consuel
Puis-je mesurer moi-même ma résistance de terre avant la visite du Consuel ?
Oui, avec un multimètre vous obtenez une estimation grossière. Seul le telluromètre utilisé par un professionnel donne la valeur officielle retenue lors du passage.
Le Consuel contrôle-t-il autre chose que la prise de terre ?
Oui. L’inspecteur vérifie aussi le tableau électrique, le calibre du disjoncteur de branchement, la protection différentielle et les volumes de sécurité de la salle de bain selon la norme NF C 15-100.
Comment savoir si ma prise de terre est jugée conforme ?
La conformité dépend de la sensibilité de votre différentiel : 1 666 ohms maximum pour 30 mA, 100 ohms pour 500 mA, selon le calcul fixé par la norme NF C 15-100.
Un multimètre suffit-il pour tester ma prise de terre ?
Non. Le Consuel s’appuie sur un telluromètre et la méthode des 62 % pour obtenir la valeur officielle, plus précise qu’une lecture au multimètre.
Sources
- AFNORPublication du 5e amendement à la norme NF C 15-100
- LégifranceDécret n° 2024-1122 du 4 décembre 2024 relatif aux attestations de conformité des installations électriques
- LégifranceDécret n°72-1120 du 14 décembre 1972 relatif au contrôle des installations électriques intérieures
- Service-PublicDiagnostic immobilier : état de l’installation intérieure d’électricité



